Ouaga 2000

Félix ne va pas beaucoup mieux aujourd'hui. Mais nous décidons tout de même d'aller visiter Ouaga 2000. C'est un nouveau quartier de Ouaga, en construction depuis une dizaine d'années. On y trouve toutes les ambassades, les ministères, les bâtiments officiels et bien entendu le nouveau palais présidentiel. C'est aussi là que les riches font construire leur belle maison. Bon, pour être honnête, c'est un peu un grand chantier dans la pampa. L'urbanisme est un peu anarchique. Il n'y a peu de commerces et donc pas des masses d'animation. Bref, c'est pas emballant. Mais bon, faut l'avoir vu. C'est fait. Au retour, nous passons voir une vieille dame, connaissance de Félix, qui souffre terriblement des genoux. Les médecins ne savent pas trop ce qu'elle a. La pauvre, ça fait plusieurs années qu'elle déguste. De retour à la maison, Félix va se reposer. Les femmes s'activent dans la cour aux taches ménagères. Ça n'arrête pas. Guigma regarde un navet américain à la télé. C'est Bruce Willis qui sauvent des pauvres africains dans un camp de réfugiés. La vision américaine de l'Afrique quoi. Quelle connerie ! Comme Félix n'est pas au mieux, je pars en scooter en ville avec Guigma. Nous passons devant la gare ferroviaire. Un vieux souvenir. Comme je prends en photos quelques jeunes qui déchargent un wagon, je me fais engueuler gentiment par le contremaître. Il me dit qu'on ne photographie pas les gens sans leur demander. Il a raison, je m'excuse. Il est finalement très sympa et m'autorise à prendre des photos de la gare. Dans le jardin du restaurant de la gare, il y a une belle statue d'art moderne africain. C'est pas mal mais bof. Puis, nous passons à l'ancienne case des volontaires du Progrès dans le quartier de Ouidi. Je retrouve le chemin assez facilement. Sacré souvenir de jeunesse. Nous y séjournions lorsque nous étions de passage à Ouaga. La maison a été découpée en trois logements distincts. On la reconnaît à peine. Mais bon, c'était là. Puis nous cherchons un endroit pour manger. Guigma me conduit à dans un maquis sympa au bord du lac sous les manguiers. L'endroit est paisible et frais. Autour, il y a plein de gens qui cultivent dans les maraîchers. Dès qu'il y a de l'eau, tout pousse. C'est agréable de voir de la verdure. Ca change de l'aridité ambiante. A la rôtisserie, nous choisissons notre poulet encore vivant pour qu'ils nous le cuisinent. Il faudra attendre une petite demi-heure en sirotant une bière. Les éternels petits vendeurs passent nous voir les uns après les autres. Guigma m’offre un chapeau mossi qu’il achète à un petit vieux qui en a plein sur son vélo. Le poulet grillé arrive enfin. La chair est un peu dure mais c'est bon. Nous repartons en passant devant l'hôtel Silmandé. A mon époque, c'etait l'hôtel le plus luxueux de Ouaga, et le bâtiment le plus haut aussi. Maintenant il s’est fait dépasser. Il vieillit plutôt bien. Nous retournons chez Félix que nous retrouvons à moitié endormi dans un état pitoyable. On lui dit qu'on a creusé un trou pour sa tombe et qu'on a déjà prévenu le prêtre. Ce soir, je suis invité chez Banagoun et sa famille. Comme Félix est a l'article de la mort, c'est Guigma qui m'accompagne. Nous y allons en voiture car nous risquons de rentrer tard ce soir. Nous n'échappons pas aux bouchons monstres de sortie de boulot. Nous mettons plus d'une demi-heure pour passer un feu. Poussières, gaz d'échappements, c'est l'enfer. Mais nous finissons par arriver au camp militaire sur la route de Bobo où réside Banagoun. Une grande maison avec un beau jardin au milieu du camp. Je retrouve Cécile, la femme de Banagoun, toujours aussi belle. Et leur fille que j'ai connu bébé. C'est une belle jeune fille maintenant. Sa sœur aînée est étudiante à Bordeaux. Nous avons la compagnie du colonel Ali Paré et de sa femme. Tout deux très gentils. Cécile nous a préparé un grand buffet magnifique, le tout accompagné de vin californien. On se régale. On se remémore les souvenirs du bon vieux temps. Comme Guigma travaille demain matin, nous demandons la route. Le circulation à cette heure est beaucoup plus fluide. Il y a des guirlandes de noël attachées aux lampadaires. C'est marrant de voir ça ici.
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