lundi 19 décembre 2011

Le voleur

Décembre et janvier sont les mois où l'on dort le mieux au Burkina. La température est idéale. Le reste de l'année, il fait trop chaud. Aujourd'hui, on n'a rien prévu de particulier à faire. Félix doit déposer sa voiture chez la garagiste car le moteur fait des bruits bizarres. Nous circulerons donc en scooter. C'est très pratique pour éviter les bouchons de plus en plus nombreux à Ouaga. Je redécouvre la ville. Je ne suis pas réellement surpris par les changements. L'ambiance générale est la même que celle que j'ai connue jadis. Toujours autant de pollution. Les camions et deux roues fument toujours autant. Ca piquent presque les yeux et les poumons en prennent un sacré coup. Il y a beaucoup de monde dans les rues. Ouaga comptait 700 000 habitants en 1983, 3 millions aujourd'hui. Forcement, ça se voit. J'ai un peu de mal à m'orienter. Je ne reconnais pas tous les lieux. Nous nous arrêtons à la banque pour retirer du fric. La carte Visa marche du premier coup. Félix me dit que j'ai peut-être retiré un peu trop d'argent du premier coup. Tant pis, c'est fait. On va boire une bière dans un maquis près de la maison du peuple. Je retrouve le goût de la Sobbra (la bière de Ouaga) et de la Brakina (la bière de Bobo), les deux bières les plus bues ici. Pour être honnête, elles ont un goût très similaire. Mais chacun a ses préférences. Félix est toujours aussi dragueur avec les serveuses. Ça me fait toujours sourire. Les marchands de babioles (téléphones mobiles, ticket de loto, outils de bricolage et vêtements en tout genre) nous proposent leurs articles les uns après les autres. Un rituel dans les bars. Mais ce sont surtout des produits chinois pas chers et de mauvaise qualité. On peut se procurer une copie d'un iPhone pour 10 euros environ. Nous rentrons à la maison où Sita nous a préparé à manger. Jean-Paul, un français de Cahors qui plane à donf, vient nous faire une visite. Il est gentil. Il vit a Ouaga depuis une dizaine d'années. On ne sait pas trop à quoi il occupe ses journées ? Je mets en route les deux ordinateurs. Tout fonctionne parfaitement. Félix fait fabriquer une petite table par le voisin pour poser son nouvel ordinateur. L'après-midi est ponctué de visite d'amis et de voisins qui viennent saluer. Le soir Sita et Félix se sont endormis dans le salon. Je vais regarder un film sans intérêt sur mon smartphone dans ma chambre. Une fois terminé, je le pose sur la table de chevet puis m'endort. En voyage, je mets toujours des boules Quiés dans les oreilles pour dormir car le moindre bruit me réveille. Et pourtant dans la nuit, un grand bruit me fait sursauter. La porte de ma chambre est entrouverte. Bizarre, je l'avais pourtant fermée ? J'aperçois alors une lueur de torche électrique dans le couloir. Puis une ombre qui pénètre dans ma chambre. Au début, je pense que c'est Félix qui vient chercher quelque chose. L'ombre a à peu près sa corpulence. Je lui demande ce qu'il veut. Il me répond qu'il vient chercher des piles. Mais je ne reconnais pas le son de sa voix. Sans doute un ami de passage ? Avec sa torche, il scrute toute la chambre, puis soudain se jète sur mon smartphone posé sur la table de chevet et s'enfuit en vitesse. Là, je réalise que ce n'est pas normal et qu'il s'agit très certainement d'un voleur. Je sors de mon lit, pas trop fier, et vais réveiller Félix et Sita qui dorment à poing fermés. "Félix, j'ai l'impression qu'il y a un voleur qui est entré dans la maison". Il se réveille brusquement et court dehors pour voir s'il est encore là. On regarde un peu partout dans la maison pour savoir ce qu'il a piqué. Il a emporté tous les téléphones mobiles qui traînaient. Apparemment, rien d'autre. Pour entrer dans la maison, il a découpé une ailette de la porte persiennée métallique de derrière. Du grand art. Ça a du faire du boucan. Comment se fait-il que personne n'ait rien entendu ? Peut-être a-t-il vaporisé un somnifère à travers la fenêtre ? Ce ne serait pas étonnant. C'est une technique assez fréquente en Afrique. Nous constatons que notre voisine, Maman, a subit le même sort. On lui a aussi ouvert sa porte et piqué deux portables. Ce devait être un petit voleur qui cherchait de l'argent ou des trucs faciles à revendre. C'est souvent comme ça avant les fêtes de Noël. On se retrouve tous dans le salon, un peu choqués de ce qui vient de nous arriver. Il est 4 heures du matin. Finalement, on se dit qu'on l'a échappé belle. Le ou les voleurs n'ont pris que 6 portables. On finit même par en rigoler. Je félicite Félix pour l'organisation de mon voyage car il a prévu une "séquence sensation forte". Chapeau ! Je le charrie aussi en lui disant qu'il etait sûrement de mèche avec les voleurs pour me piquer tout mon fric. Lui me rétorque que c'est bizarre que moi seul est vu le voleur ? Bref, finalement, on en rigole bien. Il n'y a que ça à faire. Puis nous retournons nous coucher. Sita et Maman continuent à discuter dans le salon. Elles ne peuvent plus dormir. On peut le comprendre...

1 commentaire:

  1. Ca devient passionnant.....On est vraiment en Afrique avant les fêtes. Je revis tout ça!

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