Le départ

Sur mon billet, il est indiqué que l'embarquement aura lieu à Roissy à 16h30. Mais comme il y a des grèves des agents de sécurité, on nous conseille d'arriver en avance car les contrôles des bagages risquent d'être plus longs que d'ordinaire. Je quitte donc Vincennes vers 13 heures. J'espère que la malle à roulettes achetée pas chère chez le chinois d'à coté va tenir le coup jusqu'à l'aéroport. Aux comptoirs d'embarquement, il y a du monde mais pas plus que d'habitude. C'est plutôt bon signe. Lorsque c'est mon tour, je dépose ma valise sur la balance du comptoir et, oh surprise, elle pèse 34 kilos ! En fait, je n'ai droit qu'à deux bagages de 23 kilos maximum. Je ne l'avais pas pesée chez moi, d'abord parce que je n'ai pas de balance et puis parce que je pensais qu'elle devait faire 15 kilos tout au plus. Le type du comptoir me propose de répartir le poids de la valise dans deux bagages séparés. C'est facile à dire. J'ai mis tellement de temps à bien caler les ordinateurs que ça risque d'être compliqué. Quand il m'annonce que si je ne le fais pas, il faudra que je m'acquitte d'un supplément bagage de 100 euros, je m'exécute sans discuter. Je vais donc un peu plus loin pour faire le transvasement. Je mets les deux unités centrales dans mon sac à bandoulière et ne garde avec moi qu'un petit sac à dos que j'avais heureusement emporté pour me balader et dans lequel je ne mets que le stricte minimum. Finalement, j'arrive à faire deux bagages de 22 et 12 kilos. C'est parti comme ça. On verra bien à l'arrivée. Croisons les doigts. Les contrôles de sécurité, de police et de douane se passent finalement assez vite. Enfin, comme d'habitude. Tant mieux. Les panneaux d'affichage annoncent un petit retard d'une demi-heure pour le décollage de notre avion. C'est les vacances, je m'en fou. On décolle vers 17h30. Le vol dure 5 heures. C'est une des rares fois où je prends un vol direct pour Ouaga. D'habitude, je fais toujours une escale à Alger, Bamako ou Niamey. Ca rallonge sacrément la durée du voyage. La solution du direct est quand même beaucoup plus agréable surtout lorsqu'on part pour 15 petits jours de vacances. Dans l'avion, je suis assis à coté d'un professeur de mathématiques qui enseigne à Mayotte. Il me raconte sa vie là-bas. Il est déçu par l'ambiance de cette île. Surtout depuis les grèves interminables qu’il y a là-bas pour protester contre la vie chère. Et puis, les autochtones ne sont pas plus sympathiques que ça. Pour l'instant, il va passer ses vacances au Burkina où il va retrouver sa femme et son fils burkinabés. Le voyage se passe bien. Je me rends compte que cela fait exactement 28 ans que j'ai posé le premier pas sur le sol burkinabé (Haute Volta autrefois). Le 15 décembre 1983, pour être précis. Ca ne me rajeunit pas. Le temps passe vite , trop vite. Ça me fait toujours une drôle de sensation de poser le pied sur le tarmac de l'aéroport de Ouaga. Une sensation de bien-être. La chaleur douce du soir doit y être pour quelque chose. J'espère que les formalités de douane et de police se passeront bien. Mon petit soucis, c'est que j'ai oublié d'emporter avec moi mon certificat de vaccination. Et bien entendu, je ne suis pas à jour de la fièvre jaune, obligatoire pour rentrer sur le territoire burkinabé. Je le savais avant de partir, mais j'ai fait l'impasse. Je n'avais pas envie de me faire piquer pour 15 jours de voyage. En plus, les risques de fièvre jaune sont relativement faibles. Fort heureusement, le type du contrôle sanitaire à l'entrée me dit de passer sans rien me demander. Bon, ça c'est fait. Les contrôles de police et de douanes se passent eux aussi sans problème. Et de deux. De l'autre coté de la vitre, Félix et Banagoun m'attendent. La récupération des valises est un peu longue. Mais finalement mes deux bagages ont l'air apparemment intactes. Un petit sourire à la douanière, un gentil "Vous n'avez rien à déclarer ?" "Non, bien sur !" "C'est bon vous pouvez passer !" Je n'ai même pas eu à ouvrir les valises. Et de trois. Me voilà au Burkina ! Quel bonheur ! Dehors m'attendent Sita, Noëlla et son mari, Guigma. On a perdu momentanément Banagoun. Nous le retrouvons un peu plus tard autour d'une bière dans un maquis en centre ville. Quelle joie de se retrouver là. Et surtout de revoir tous mes amis que je n'avais pas revu depuis fort longtemps. On se donne des nouvelles. Félix m'apprend qu'il m'a inscrit à une course à pied demain du coté de Pô, au sud de Ouaga près de la frontière ghanéenne. Au début je croyais que c'était une blague. Mais non. Il faudra se lever à 7h00 pour être là-bas vers 9h00. " Houla ! On se calme. C'est les vacances les gars ! " Bref, on verra bien dans quel état je serai demain matin. Comme il se fait tard, nous rentrons chez Félix et Sita. Ils habitent une jolie et confortable maison dans les faubourgs de Ouaga. Je découvre la belle chambre qu'ils m'ont réservée avec un grand lit et l'indispensable moustiquaire pendue au plafond. Il est deux du matin. Je m'effondre de sommeil, heureux d'être là.
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