dimanche 25 décembre 2011

Fête de Noël à Zaba

Ce matin, il y a quelques nuages dans le ciel. Ca fait bizarre. On m'apporte un peu d'eau chaude pour me laver dans le local qui sert de douche. On doit tous partir à Zaba, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Tougan. Comme on est trop nombreux pour grimper tous dans l’Espace, Félix amène quelques personnes à la gare routière pour prendre le taxi-brousse. D'autres nous rejoindrons en scooter. L'organisation est un peu bordelique mais on arrive quand même à tous partir. Comme Félix n'est pas sur de repasser par Tougan demain pour repartir sur Ouaga, on emporte toutes nos affaires avec nous. Nous nous entassons à onze dans la voiture de Félix. Enfin, quand je dis nous, je pense surtout aux autres qui sont derrière. Car moi, je suis tranquillement installé devant avec Hadidiatou, qu’on appelle plutôt Hadi, la petite fille de Noëlla et de Guigma (légitime celle-là). J'ai honte d'avoir tant de place mais c'est comme ça en Afrique. Priorité aux invités étrangers. Pas de négociation possible. Comme de bien entendu, nous crevons sur la piste. Le pneu réparé hier soir n'a pas tenu. C'est Guigma qui, une nouvelle fois, change la roue sous la surveillance de Félix. Un pro je vous dis. Les filles et les enfants en profitent pour aller ramasser quelques fruits dans les arbres. Je ne connais pas leur nom en français mais c'est sucré et plutôt bon. Une fois réparé, tout le monde reprend sa place de sardine. Nous nous arrêtons un peu plus loin au village de Gassan pour réparer le pneu et faire quelques courses pour la veillée de ce soir. Nous arrivons enfin à Zaba vers 11 heures. La messe de noël vient de se terminer à l'église de la mission catholique. Je reconnais la concession familiale. J'y suis déjà venu plusieurs fois. Depuis peu, il y a de l'électricité, mais toujours pas d'eau courante. Plus besoin de lampe à pétrole le soir. Ca perd un peu de son charme mais c'est plus pratique. Félix va chercher de la bière bien fraîche. Moi, je vais me promener dans le village pour prendre quelques photos. Bien sur, je prends soin de demander la permission aux gens auparavant. J'ai compris la leçon. Les cases en terre sont typiques de la région Samo. J'aime beaucoup leur forme, surtout les greniers à mil surélevés pour éviter que les rongeurs ne viennent manger les récoltes. Les gens que je rencontre sont vraiment gentils. Je discute un peu avec ceux qui parlent français. De retour à la case, je distribue aux enfants les petits cadeaux que j'ai ramené de France (crayons de couleur, lampes électriques qu'on recharge en tournant une petite manivelle, des briquets et quelques montres). L'après-midi, il fait chaud. Je suis allongé sur une chaise longue en sirotant une bière pendant que Paul et Félix installent la sono. Les filles préparent le festin du soir. Coucous, riz sauce arachide et morceaux de mouton. Félix sort même une bouteille de vin rouge espagnol. Le pied ! La maman de Félix est décédée l'année dernière. Je me souviens d'elle. Elle était toujours de bon humeur. Elle dansait et chantait souvent. Félix profite de son passage pour faire un peu de rangement dans sa case. Quelques-uns dansent au son de la musique africaine très sympa que je ne connaissais pas. D'autres remontent l'eau du puit, d'autres font la lessive. Bref, personne ne glande sauf moi. Des griottes viennent chanter les louanges de la famille. C'est toujours un grand moment. En fin d'après-midi, je retourne faire un tour dans le village. Un groupe de gamins m'accompagnent. Certains vont à l'école, d'autres gardent les troupeaux. C'est comme ça ici. Le soir, les filles se parent de leurs jolies pagnes colorés. Paul a invité quelques habitants du village pour fêter sa médaille. Il a fait préparer du dolo (bière de mil) pour l'occasion. Les gens viennent nous saluer les uns après les autres. J'ai dû serrer plus d'une centaine de mains. Les discours se font en dioula. Je ne comprends rien. De temps en temps, Félix me traduit une ou deux phrases. Les gens écoutent attentivement. Ils rigolent parfois. Puis des femmes se mettent à chanter et à danser. Le tout sous le ciel éclairé d'étoiles brillantes. L'ambiance est magique. Les gens dansent les uns derrière les autres sur de la musique ivoirienne. Sympa mais un peu toujours le même rythme. La soirée bat son plein. Il y a beaucoup de monde dans la concession. Le dolo commence à faire son effet. Les gens sont maintenant plus détendus. Certains hommes vont pisser contre les murs en terre de la clôture. Ca me fait sourire. Puis fatigué, je laisse ce petit monde s’amuser et vais me coucher dans une petite chambre que Jacqueline m'a préparé. Je mets mes boules Quiés car la sono est vraiment forte. Quelle belle invention ces engins.

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