vendredi 23 décembre 2011

Départ pour Tougan

Félix va beaucoup mieux ce matin. Il se remet à faire de l'humour. C'est bon signe. Je vais au cybercafé d'à coté pour lire et envoyer quelques mails. La connexion est très lente. Puis nous allons boire une bière avec Guigma dans un maquis à l'ombre des manguiers. L'endroit est paisible. Si on veut, on peut déguster des testicules de mouton grillées. On tentera ça une autre fois. Félix et Noëlla nous rejoignent un peu plus tard avec des abats de foie et des petits boudins à grignoter. C'est bon mais pas assez cuit. De retour à la maison, nous retrouvons Jean-Paul et François (le père de Jean-Philippe qui s'est fait descendre par Al Qaïda en Mauritanie, il y a 3 ans, jour pour jour). Puis arrive Amidou. Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu. Il m'avait aidé à poser du papier peint chez moi à Vincennes. Il a un peu vieilli. Mais il est surtout marqué par l'alcool. J'ai cru comprendre qu'il avait fait plusieurs cures de désintoxication pour s'en sortir. Il a l'air de planer complètement. Je le reconnais à peine. Vers 17 heures, Félix, Noëlla, Guigma, Gloria et moi prenons la route de Tougan. Cela me fait moyennement plaisir car nous allons devoir rouler la nuit et je n'aime pas ça. C'est mieux pour les moteurs de rouler à la fraîche, mais c'est aussi plus dangereux. On ne voit pas grand chose quand on croise ou suit un camion qui nous balance plein de poussière de la piste. Et comme il fait frais, la poussière reste longtemps en suspension dans l'air. C’est comme du brouillard épais. Nous passons vite fait à l'hôpital de Ouaga prendre des nouvelles d'un voisin de Tougan qui a eu un accident de moto. Il est dans le coma depuis une semaine. Ses jours ne n'ont pas en danger, mais en Afrique, on ne sait jamais. Nous sommes bloqués dans les bouchons de sortie de travail. Une vraie pagaille. Nous mettons plus d'une heure pour sortir de Ouaga. La ville s'est sacrement agrandie depuis 20 ans. Avant, ici, c'était la brousse. La nationale jusqu'à Yako est goudronnée. Elle est plutôt en bon état mais il faut faire attention aux animaux qui traversent et aux deux roues qui, souvent, roulent sans phare. Le ciel est étoilé. C'est merveilleux. Nous faisons une pose d'un quart d'heure à Yako puis nous nous engageons sur la piste. Il nous reste une centaine de kilomètres à parcourir. Fort heureusement la piste a été grattée récemment. Félix peut donc rouler rapidement. Il conduit bien. C'est un chauffeur hors pair. Mais j'ai perdu l'habitude de la vitesse sur la piste. Je sers les fesses. Juste avant d'arriver à Tougan, on éclate un pneu arrière. Impressionnant, il ne reste presque plus de caoutchouc autour de la gente. C'est le risque de rouler avec des vieux pneus usagés. Ils ne tiennent pas la chaleur et les vibrations de la tôle ondulée. C'est Guigma qui change la roue. Un pro. Nous arrivons enfin à Tougan vers 22 heures. Nous avons droit à un accueil chaleureux de toute la famille Drabo. Paul et sa famille, Jacqueline et sa fille Laura et Edwige, la première fille de Félix. Il y a une ambiance de fête dans la maison. Paul m'a préparé une chambre avec un matelas au sol et une moustiquaire. L'accueil burkinabé. C'est un peu dur mais je passe une bonne nuit.

1 commentaire:

  1. Impressionnant l'éclatement d'un pneu.Quel barouf! J'ai eu ça à Mada, sur une piste très éloignée de la ville et, bien sûr la roue de secours était crevée et non réparée.....

    RépondreSupprimer