
Avec Félix et Jacqueline, nous allons rendre une visite à Noëlla et Guigma chez eux, dans la banlieue de Ouaga. On va parler de leur projet associatif. Je leur donne quelques conseils. Félix leur donne aussi son avis. Je leur propose de créer un site Internet pour promouvoir leur association et récupérer des fonds. L’idée est retenue. Maintenant, c’est à eux de bosser. En tout cas, je trouve le projet très intéressant et motivant. Nous découvrons leur quartier. Les constructions sont très sommaires. Il n’y a ni eau courante, ni électricité. Il y a quelques années, il n’y avait rien ici. C’était la brousse. Mais Ouaga s’étend de jour en jour. Dans dix ans, on ne reconnaîtra plus rien ici. Nous allons chercher Paul à la gare routière qui est venu de Tougan pour me dire au revoir. Sympa ce Paul. Nous passons une bonne partie de l’après-midi à siroter des bières au petit bar d’à coté. Bonne ambiance. Le soir, Félix, Sita, Jacqueline, Paul, Noëlla, Guigma, Laura, Hadi et Gloria m’accompagnent à l’aéroport. Instant toujours émouvant. L’idée de retrouver la grisaille parisienne ne m’enchante pas vraiment. J’ai passé un séjour magnifique avec des amis charmants et gentils comme d’habitude. Ils vont tous me manquer. Mais je leur promets de revenir l’année prochaine. On se fait la grosse bise, puis je passe le barrage pour m’enregistrer. J’ai la surprise de voir Banagoun qui est venu, lui aussi, me dire au revoir. Sympa. Après le passage des innombrables contrôles et barrages de sécurité, nous montons enfin dans l’avion. Malheureusement, il y a eu un problème de comptage des bagages. Il faut les ressortir de l’avion, les poser sur le tarmac et chacun doit identifier le sien. Bref, ça prend un temps fou et nous ne décollons finalement qu’à 3 heures du matin. Je retrouve les éternels râleurs franchouillards qui promettent de porter plainte contre Air France. Mon dieu que j’étais bien loin de ces cons…

Ce matin, c’est calme. Les femmes ont déjà tout nettoyé. Difficile d’imaginer qu’il y avait une fête ici hier soir. Les amis et voisins passent pour nous fêter la bonne année. Avec Jacqueline, Noëlla et Guigma, nous discutons d’un projet associatif. Comme Noëlla et Guigma habitent un quartier défavorisé, éloigné du centre et qu’ils sont tout deux infirmiers, ils voudraient créer un petit centre médical de premiers soins pour les enfants. Mais ils manquent de moyens. Je leur propose d’écrire leur projet sur du papier et je verrai comment je peux leur trouver des sous en France. Demain, nous irons les voir chez eux. Je vais acheter quatre cartouches de cigarettes. Ici, le paquet coûte moins d’un euro. Faut faire du stock pour alimenter mes poumons. Félix me passe une de ses amies françaises au téléphone pour que je la rassure sur les conditions de sécurité au Burkina. Elle aimerait bien venir mais avec tout ce qu’on raconte aux informations en France, elle hésite. Je comprends. On a tendance à exagérer un peu chez nous. Dans un autre coté, Jean-Philippe s’est bien fait descendre en Mauritanie. Donc, tout peut arriver. Comme dans le métro parisien.